Air Bénin : Et Si le Bénin Avait Sa Propre Flotte Aérienne ?

Il est clair que de nos jours voyager est une activité de plus en plus fréquente pour plusieurs raisons.

Que ce soit pour du business, des études ou de l’agrément, plusieurs personnes parcourent de longues distances et n’hésitent pas à sortir des frontières de leur pays de résidence. Selon un rapport de l’Association des Représentants de Compagnies Aériennes (ARC) au Bénin, 476 677 passagers arrivée/départ ont foulé le sol de l’aéroport Cardinal International Bernardin Gantin de Cotonou en 2013. Nous n’avons pu malheureusement trouver de statistiques récentes mais ce nombre a certainement augmenté de beaucoup. L’Association du Transport Aérien International (IATA) classe le Bénin parmi les 7 pays d’Afrique qui auront un fort taux de croissance annuel du marché de transport aérien dans les 20 prochaines années soit un taux de 8%.

Le seul problème est que le Bénin ne dispose pas d’une compagnie aérienne pouvant en profiter.

Quels sont les avantages d’avoir une flotte aérienne béninoise ?

Avoir une flotte béninoise permettrait de diversifier l’économie du Bénin et de moins s’exposer aux probables impacts négatifs sur le Port Autonome de Cotonou et le secteur agricole qui constituent les poumons économiques du pays. Une économie diversifiée implique des options plus larges en ce qui concerne les emplois et les opportunités d’entrepreneuriat.  Le transport aérien contribue à une hauteur de 10 milliards de Dollar US du PIB de l’Afrique, selon la Banque Africaine de Développement. Elle estime aussi à 6 millions le nombre d’emplois reliés à ce secteur sur le continent dans les 20 prochaines années.

« Air Bénin » pourrait permettre aux voyageurs de venir au Bénin sans escale et avoir un impact positif sur le tourisme. Le développement touristique créerait des opportunités d’affaire en hôtellerie, transport terrestre pour les touristes et dans l’industrie du divertissement. Mieux, une flotte aérienne peut contribuer à entretenir l’image du pays et contribuer ainsi au branding même si les personnes ne s’y rendent pas forcément. Elle attirerait l’attention des investisseurs étrangers car elle constituerait un bon canal publicitaire.

Le Bénin pourrait s’inviter sur le marché du transport aérien continental et mondial puis profiter des flux d’autres pays comme la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Maroc pour ne citer que ceux-là. Avec de bons services offerts par la compagnie, les béninois auraient une nouvelle raison d’être fiers de leur patrie.

Crédit: acotonou.com (Maquette de l’aéroport de Glo-Djigbé en projet)

Ethiopian Airlines a transporté 6 millions de voyageurs en 2014.

La flotte est constituée de 79 avions de transports et de 8 cargos. Elle prévoit en avoir 40 autres dans les prochaines années afin de conserver sa place de leader dans le transport aérien en Afrique. Au titre de son exercice 2015-2016, la compagnie a enregistré une hausse de 70% de bénéfices à 189 millions d’euros. Et pour cause, l’Ethiopie a été élue meilleure destination touristique au monde en 2015. Le tourisme constitue le troisième pilier de la croissance économique éthiopienne (10% en moyenne par année). Ethiopian Airlines a  contribué à la hausse du secteur touristique en donnant un accès plus facile au pays.

Royal Air Maroc et South African Airway disposent aussi de flottes transportant des millions de passagers par année. Elles desservent une trentaine de pays au minimum chacune. En 2013, 10 millions de touristes se sont rendus en Afrique du Sud et 9 millions 500 mille au Maroc. Ces chiffres font d’eux les deux pays les plus visités en Afrique. Leurs différentes flottes en sont forcément pour quelque chose.

 

Créer une flotte aérienne c’est bien ; mettre en place des infrastructures touristiques pour en profiter c’est mieux.

Il serait dommage de juste avoir une compagnie qui donne accès au Bénin sans avoir les moyens d’offrir une expérience exceptionnelle aux personnes qui y viennent.  Il faut que l’Etat béninois se dote d’un aéroport international capable d’héberger ses avions et d’accueillir les avions d’autres compagnies.

Le Bénin regorge de plusieurs richesses touristiques. Que ce soit au Nord, au Sud à l’Est ou à l’Ouest, il y a beaucoup de choses à découvrir. Une première partie du travail complémentaire à abattre serait de mettre en valeurs les différentes richesses culturelles du Bénin. L’île de Gorée au Sénégal est très connue pour son rôle pendant la traite des esclaves, bien plus connue que Ouidah alors que la route des esclaves à Ouidah a aussi joué un rôle historique et stratégique. Les montagnes de l’Atacora, les Collines de Savè et trois mamelles de Savalou cachent de nombreux secrets qui ne demandent qu’à être révélés au monde.

Porto-Novo et Abomey nous racontent l’histoire du mode de vie dans leurs anciens royaumes mais les musés qui y sont ne sont pas entretenus. Il faut mettre en place un programme de reconstitution et d’entretien du patrimoine culturel béninois. Ensuite, il est important d’implanter des infrastructures routières facilitant le déplacement de touristes dans leurs visites. Le tourisme ne peut se développer en absence de canaux de transports routiers adéquats. Aussi, faut-il investir dans l’industrie de l’hôtellerie et du divertissement afin d’avoir la capacité d’accueillir et de s’occuper des personnes qui entreprendraient un voyage au Bénin.

Il faut noter que le Programme d’Action du Gouvernement prévoit des projets pour le secteur du tourisme dont la construction d’un Aéroport International à Glo-Djigbé. Ce serait l’occasion de se doter aussi d’avions appartenant à une compagnie béninoise afin de profiter du marcher des transports aériens qui ne cesse de croître sur le continent africain.

En Août 2017, les Gouvernements du Benin et du Rwanda ont signé un protocole d’accord en vue d’établir une compagnie aérienne commune appartenant aux deux pays et basée à Cotonou.

« Ceci fera du Bénin ce que nous envisageons en matière d’aviation civile en vue de faire de notre plateforme un hub sous régional. La compagnie aérienne viendra concrétiser la deuxième partie de notre rêve, en bénéficiant de l’expérience rwandaise qui permettra le Bénin d’avoir sa compagnie aérienne ainsi favorisant le développement de notre aviation et du tourisme », a dit Son Excellence Hervé Hehomey, le Ministre chargé des Transports et Infrastructures du Bénin.

L’aventure commencera avec deux deux aéronefs Boeing 737. On attend de les voir voler…

Crédit: Egloye.com

Toi tu en penses quoi ? Ce serait cool un « Air Bénin » ✈️  non? 😉

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Aldrich Achani
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Aldrich Achani

Aldrich Achani est fondateur de la marque West’AF. Son rôle dans Irawo est avoir un impact positif dans la vie de tous ceux qui le lisent.
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