C’s Factory, une pâtisserie togolaise qui ne fait pas de gâteaux.

« La volonté et la nécessité entraînent le génie »


Mise en garde : Attention ! Vous vous apprêtez à embarquer dans l’univers de C’s Factory. Irawo n’est en aucun cas responsable des chocs visuellement gustatifs dont vous pourriez être victime. Carine Benissan ou C’S Factory en assumera l’entière responsabilité.

Il suffit juste de l’activer…tu es un génie

« Je crois fermement que la volonté et la nécessité sont les ingrédients qui aboutissent au génie. Une fois que ton esprit se focalise sur « je veux y arriver…je vais le faire… je dois le faire », tes méninges se chargent et ta capacité créative se voit booster. Il suffit juste de l’activer. » Carine Benissan, Chef de C’s Factory.

Elle n’a jamais appris la pâtisserie. Son aventure a commencé un 1er juillet 2016, avec une amie. Faire de la pâtisserie ? Quelle idée quand on a étudié 8 ans, le droit à des millions de F CFA ? Et pourtant, elles l’ont fait. Sauf que cette fois, ça n’a coûté que 30.000 F CFA, pour investir à révéler leur talent. Parfois, on n’a pas besoin de tout l’or du monde pour trouver sa voie. Google a été professeur. On n’a pas besoin de tout savoir non plus pour être sûr que c’est la bonne voie. Il suffit de commencer et d’apprendre, sans relâche. En décembre 2016, C’s Factory naît avec un montant de 90.000 F CFA issue de l’activité précédente.

Concrètement, C’s Factory, c’est quoi ?

C’s Factory c’est un atelier de pâtisseries. Mais pas seulement. C’est ce lieu où se rencontrent divers ingrédients aussi bien tangibles que non pour donner naissance à des créations uniques et artistiques. Pour elle, ce que les gens achètent à C’s Factory, ce ne sont pas les gâteaux, mais le travail derrière, tout le cœur mis dedans. Bien qu’on ne vende pas son cœur.

Mais derrière ces douceurs, se tapissait une sensation bien plus amère.

Carine Benissan a fondé C’s Factory  pour des raisons bien plus égoïstes. A la base, elle est juriste de formation. Elle était en cité, loin de son « chez soi ». Elle avait des difficultés avec ses études. Avoir sa licence était un vrai calvaire. Dans notre société, si tu ne réussis pas dans les études, tu es considéré comme un paria. La pression était donc énorme. Elle se sentait inutile, ne se sentait plus vivre. C’était extrêmement douloureux.

Carine avait besoin de s’exprimer, de s’affirmer. C’est exactement ce qu’elle arrivait à faire entre les murs d’une cuisine. Elle en était passionnée, addict. Instagram était une oasis dans le désert qu’elle traversait. Instagram nourrissait ses rêves ( foodporn) : goûter et déguster des foodies. Mais plus encore, le sourire sur le visage des clients, quand ils réceptionnaient leur commande lui faisait sentir une sensation bien différente. Elle commençait enfin à se dire : « Au final, tu n’es pas si nulle que ça. Tu es aussi utile ».

Entre les moqueries ou les « on fera pas ça dans ma maison »; « tu es une vendeuse ambulante »; ou encore ceux qui exploitent en te disant « nous sommes tes sœurs » ou prennent à crédit et ne finissent pas par rembourser, j’ai tenu bon. Pour moi ce n’est pas juste de la farine et des œufs. C’est mon sang, mes pleurs, ma sueur et mon esprit.

 

C’s Factory, c’est aussi une question d’intimité

« Je n’hésite jamais à le dire. Je suis une artisane pâtissière. Mes créations sont toutes uniques. » Ces mots de Carine Benissan traduisent à quel point elle s’investit dans son art. C’est un travail essentiellement créatif dans lequel elle transmet toute son énergie.Elle produit au feeling. . Ce qui est une qualité mais aussi un défaut. A chaque commande, elle doit aller à la recherche de sa propre personne. Mais aussi de la personne qui commande. Non, ce n’est pas un cours de philo. En d’autres mots elle s’appuie sur son ressenti et sa créativité.

Aussi, son fort sens de l’empathie lui permet de se mettre à la place du client. Elle cherche à connaître ses goûts, ses préférences. Il y a beaucoup de choses qui rentrent en jeu : le moment, le temps, la personne et bien d’autres encore. Elle a besoin de se connecter à la personne. Ensuite elle y ajoute sa propre inspiration. Son propre feeling comme elle préfère le dire. ça à l’air trop Yoga ou Tai shi vous vous dites sans doute. Mais c’est ce qui donne de l’âme à ses créations.

 Je ne veux pas et je ne peux pas réaliser une œuvre sans âme. Voilà pourquoi mes créations sont toutes uniques. Cela explique aussi que je sois contrainte à refuser certaines commandes quand le feeling n’y est pas. Carine Benissan

Pour ce qui est de l’inspiration,

Carine se laisse aisément influencer par ce qui l’entoure, la nature. Grande partisane de tout ce qui est expression de l’art humain, les mangas ou les comics, l’expression des couleurs sur un tableau ou une toile a raison d’elle pour lui faire faire une pâtisserie. La peinture peut l’inspirer en matière de teinte pour ses gâteaux ; l’architecture pour la forme; la maçonnerie pour le glaçage…Elle n’hésite donc pas à naviguer d’un art à un autre.

Coup de massue ! C’s Factory, c’est une équipe de deux.

C’s Factory c’est juste elle (Carine) et un chargé de communication digital. Elle s’occupe seule, du processus de production. Tout ce qui concerne concrètement la pâtisserie. C’est aussi l’une des difficultés liées à son travail. Ce n’est pas évident pour elle d’apprendre à d’autres. Non pas qu’elle ne le veuille pas. Elle dit elle même : « Quand je fais un gâteau, il s’agit de ce que je ressens. C’est intrinsèque. Et ce n’est pas du tout facile à l’expliquer.« 

On se demande alors si C’s Factory est véritablement rentable ?

Sa situation professionnelle répond « Oui ». Elle ne fait rien d’autre que ça pour le moment. Une quinzaine de personnes la contactent en une journée. Bien que seulement deux, commandent réellement. (Faut dire que mes prix ne sont pas faciles. Qualité exige prix.). Mais elle reçoit jusqu’à cent cinquante mille francs (en une fois) pour une commande. Et  livre des commandes dans tout le pays. Il lui arrive  aussi de livrer à Cotonou et à Accra. Bilan : C’s Factory est entièrement rentable.

La particularité de C’s Factory…

C’est apporter sa touche personnelle, un bout de Carine Benissan à chaque création. Mais c’est aussi un système un peu plus différent, qui rend uniques les offres. Les étrangers sont très bien positionnés dans le domaine de la pâtisserie au Togo. Mais pour la plupart, ils ne font rien qui sorte du lot. Ils se contentent de faire des réalisations classiques, de simples reproductions. Chez C’s Factory, chaque pâtisserie est unique.

De plus, C’s Factory est le précurseur de l’e-pâtisserie au Togo. Des précommandes réalisées via les réseaux sociaux (WhatsApp, Facebook, Instagram), de petits tutos vidéo sur des recettes pour ses abonnés, des interactions virtuelles. Elle a su surfer sur la vague du digital.

Unique Taste !

Absolument chacune des réalisations de C’s Factory est unique. Même quand le client en désire une identique à un modèle précédemment réalisé, une différence demeure. Et c’est ce qui stupéfie, émerveille.
Il est important que les clients puissent s’identifier à leur commande. Elargir leur option. Ça fait la différence. De plus, Carine éprouve aussi un fort besoin de s’exprimer à travers ses pâtisseries. Donner un sentiment d’unicité. Faire fondre un goût singulier sur leur langue. Faire vivre à leurs papilles gustatives une expérience unique. Après tout, chaque individu sur terre est unique. Alors, pourquoi pas chaque gâteau ?

Ce périple n’est pourtant pas sans difficultés.

Déjà, beaucoup considèrent la pâtisserie comme un métier ingrat. Ils ne conçoivent pas qu’on puisse avoir un diplôme de droit et s’investir dans la pâtisserie. Les préjugés forment un poids non négligeable sur l’image.

Aussi, c’est difficile de vendre, quand on n’a pas de boutique. Certains clients ne prennent pas au sérieux sans ça. Certains prennent d’ailleurs Carine pour une commerçante ambulante. Ne pas avoir de boutique, déstabilise. Les commandes sont centralisées sur les week-ends. Il faut commander au moins 48h à l’avance. Il y a donc un décalage entre l’envie et la première bouchée.

Au delà des difficultés, C’s Factory n’est pas sans impact.

Si on doit parler d’impact, je dirai que le fait que de parfaits inconnus m’écrivent et me disent : « Carine, c’est beau ce que tu fais. Tu montres que dès qu’on a la volonté on peut arriver à faire quelque chose d’incroyable » résume tout ce qu’il y à dire sur le sujet. C’est extrêmement gratifiant pour moi, ce genre de messages. Notamment quand tu te rappelles comment c’était dur avant la pâtisserie.

La reine des pâtissiers, ce sera moi…

Une impression de déjà entendu ? Oui. Pour les connaisseurs, ce n’est pas loin de la phrase culte de Luffy qui a un fort lien de similitude avec notre dernier Irawo Kenneth Yannick .

Pour en revenir à notre pâtissière :  » je pense que le Togo m’a déjà tout donné en matière de pâtisserie. J’en veux plus. Il me reste beaucoup de chemin. Je n’ai encore rien fait. Je veux aller encore plus loin. C’est comme si je suis l’équipage de Luffy. J’ai l’impression d’être à Shabondi. La frontière entre Grand Line et le Nouveau Monde. Et c’est ce Nouveau monde que je veux conquérir. Je suis à la recherche du One Pastry (un mot tout fraîchement crée avec Irawo…).« 

Ça sonne peut-être en charabia pour certains, mais ce qu’elle essaye de dire, c’est qu’il lui reste énormément à découvrir. Sa route est encore longue. C’s Factory a encore beaucoup à découvrir mais aussi beaucoup à donner.

Si C’s Factory était un ingrédient de pâtisserie :

L’amour. C’est l’ingrédient le plus important. L’inconditionnel dans chacune des réalisations de Carine.

Si ça devait être une pâtisserie :

Ce serait un cookie cœur fondant au chocolat avec une glace à la vanille, du caramel et de la menthe. Oula ! J’ai faim !

Les Sales plans de C’s Factory.

C’s Factory, ce n’est pas que des gâteaux en vrai. Bien que des rumeurs provenant de notre pâtissière tournent autour de gâteaux en forme de cubes à l’avenir. Mais nous allons tâcher de ne pas trop en dire sur le sujet.

En ce qui concerne C’s Factory, la pâtisserie n’est qu’une petite étape de la vision. C’s Factory, c’est aussi un blog sur les bons coins pour faire plaisir à son estomac . Et l’une des grandes finalités est un concept d’aide à tout type de personnes dans plusieurs domaines. Passer par la photographie culinaire, la mise en relation et bien d’autres encore. Laissons le mystère du lendemain, de « l’à venir » planer.

Mais s’il y a bien un objectif à atteindre, c’est faire de C’s Factory, le One pastry accessible à tous. Mais aussi une école de pâtisserie. Au lieu de vous laisser chercher un trésor, autant vous faire découvrir vos trésors.

Et pour finir,

Ne lâchez JAMAIS. TENEZ BON. Là où votre âme se plait, votre cœur suivra. J’ai fait huit ans pour avoir une licence en droit mais j’en ai pris deux pour maîtriser la pâtisserie basique. Carine Benissan

Nous vous le jurons ! Irawo est tout aussi victime que vous. Ce parcours, ces gâteaux ce sont imposés et nous ont mis K.O.

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