10 Choses Qui Font du WAHH un Évènement Historique

Yo ! Où sont les djabis et les gos chocos de l’univers Irawo ? Il y a votre négro qui s’installe avec swagg et attitude pour vous faire le recap’ au top niveau.

Bon, bon ! Revenons un peu sur terre là : je ne suis pas rappeur hein, donc il vaut mieux que je change de ton tranquillement. Et disons-nous la vérité : côté swagg j’ai encore du boulot à faire quand je me rappelle ceux qui étaient autour de moi lors du festival WAHH. Et vous savez bien que l’attitude, ça ne se clame pas, ça se vit, et ça se voit. Et croyez-moi, j’en ai vu moi. Des choses qui méritent d’être vus pour être comprises dans leurs contextes. Des choses aussi qu’il faut vivre pour parvenir à y croire.

J’ai vu des mondes et des modes totalement différents, essayer de trouver une synergie dans les réflexions, afin de bousculer les choses pour tout le monde. J’ai vu des jeunes qui assument ce qu’ils sont, décomplexés parce qu’ils savent qu’ils ne seront pas jugés pour leurs culottes aux fesses, ni stigmatisés d’avoir un look non conforme à celui de la masse, ni brimé du regard à cause de leurs coupes ou de leurs piercing ou encore de leurs casquettes à l’envers.

Ici c’est chacun dans sa sphère d’être, sapé à sa façon, free comme jamais ; mais participatif pour la cause commune.  Et je vous l’avoue : il y a vraiment de grandes et belles leçons à tirer de cette expérience ! Décomptons-les !

NUMBA ONE

Le Hip-Hop ne se limite pas qu’au rap. Le rap n’est qu’une entité du Hip-Hop. Il est donc désormais important que le mouvement Hip-Hop s’observe dans toute sa globalité en prenant en compte les cinq éléments fondamentaux du genre : le beat-box, le rap, le Djing, le break-dance, et le graffiti. Et figurez-vous qu’au Bénin, il existe bel et bien une vie et de talentueux artistes dans chacun de ces domaines.

NUMBA TWO

Pour mériter sa place de prépondérance dans les médias, les acteurs du Hip-Hop vont devoir créer par eux-mêmes leurs médias spécialisés dans le genre. D’abord sur le net, ensuite sur les plateformes nationales, puis enfin, sur les canaux internationaux. Il n’y a qu’ainsi qu’ils peuvent aspirer à une autonomie de pensée, d’intégrité, et se sentir libre de véhiculer les réelles substances de la culture hip-hop, tels qu’ils la conçoivent.

A défaut, puisque cela nécessite de gros moyens économiques, les acteurs du Hip-Hop au Bénin, comme dans toute la zone francophone, vont devoir produire des émissions, et d’autres contenus audiovisuels, capable de prendre en compte toute la diversité du mouvement, et de se positionner ensuite, dans les médias à grande influence dans les différents pays.

Ainsi, l’avenir du hip-hop se jouera sur la propre autodétermination et l’esprit entrepreneurial de ses acteurs les plus actifs.

NUMBA THREE

Au vu des expériences et réalités concernant, les labels, les plateformes d’écoute et de distribution, il ressort que actuellement, au Bénin, comme dans la zone francophone ; il y a, une plus grande nécessité des artistes du Hip-Hop, de se structurer et de connaître davantage les mécanismes de l’industrie musicale afin d’améliorer la portée et l’impact de leur parcours. C’est donc plus que jamais clair : le talent, ne suffit plus. Il faut plus. Il faut l’auto-organisation. Il faut la fédération en unité de force pour mieux assumer les charges du métier. Il faut savoir céder des tâches à d’autres qui sont experts dans leur domaine, afin de se positionner chez soi, mais surtout en dehors.

Ce qui revient tout simplement et banalement, pour les débutants qui sont convaincus de leur potentiel, d’avoir soit un manager et un chargé de communication ; ou tout au moins un manager. C’est-à-dire, quelqu’un qui croit en leur musique, quelqu’un qui les écoute depuis toujours, quelqu’un qui les a vu progresser, quelqu’un qui les critique ouvertement sans leur mentir, quelqu’un d’assez proche pour accepter de charbonner sans rien attendre tout de suite en retour ou pour jouer efficacement l’intermédiaire entre eux et les structures de tout genre (radios, tvs, presses écrites ou web, institutions diverses, promoteurs, ou agences d’évènementiels, etc.)

Cela est déterminant pour être pris au sérieux et pour faire mieux que ce qui a toujours été fait jusque-là par les talents en construction.

NUMBA FOUR

Nul n’entre au Hip-Hop, s’il ne sait pas montrer le meilleur de lui de la meilleure des façons. C’est partant du forum des réalisateurs que j’ai noté cette leçon capitale. Ce qui veut signifier que, quel que soit l’aspect du hip-hop dans lequel on se lance, il faut parvenir à offrir des visuels de qualité autour de son travail. Et cela compte à la fois pour les photos, les covers, les affiches, les annonces de telle ou telle chose, les vidéos freestyle, les vidéos officielles, etc.

Tout doit être clean comme l’Omo. Et plus encore. Il faut en ce sens, soit travailler avec les meilleurs, soit faire en sorte que ceux avec qui l’on travaille livre du travail de haut niveau. Et la qualité implique d’insister sur la créativité, l’élaboration laborieuse des travaux à réaliser, mais aussi le devoir de forte personnalité originale pour se démarquer et convaincre ceux qui vont découvrir ce qui est fait. Avis aux hip-hopiens !

NUMBA FIVE

Alerte ! Ceci concerne les Superwoman !

Plus que jamais les femmes ont le devoir de surmonter leurs craintes par rapport aux appréhensions des gens qui les entourent, de sorte à profiter pleinement de leurs potentialités, de sorte à s’affirmer dans leur expression d’art, quel qu’il soit dans le hip-hop. Il est temps pour chacune de ces femmes talentueuses, de sortir du cachot du silence, pour parler de la femme autrement qu’on le voit sur les écrans. Il faut des femmes pour revendiquer et plaider pour la cause féminine ou féministe. Il faut des femmes pour secouer les idées reçues, défendre les intérêts des femmes, pour agir en faveur des femmes, pour représenter la valeur des femmes, et exiger le respect des femmes. L’industrie du Hip-hop  ne s’en porterait que bien. Surtout au Bénin, et dans la zone francophone ; où à peine, apparue, nombre d’entre elles disparaissent. Surtout au Bénin, et dans la zone francophone ; où dans plusieurs chaines de valeur du hip-hop, les femmes ont de la place à prendre. Alors, où sont les femmes ? Le game vous réclame !

NUMBA SIX

Faire du Hip-hop, c’est avant tout, accepter de prendre position pour les causes des autres, pour les causes de l’humanité, pour les causes des oubliés, des opprimés, des battants, des peuples. En conformité avec la genèse du mouvement, et avec les besoins du Bénin, de la zone francophone, et de l’Afrique.

Cela étant, il n’y a pas que ça qui détermine le hip-hop. Faire du hip-hop, c’est aussi et surtout être soi, ne pas tricher avec sa personnalité, sa sensibilité, ou encore faire semblant de défendre des choses par défaut ou pour sembler être bienveillant. Faire du hip-hop, c’est faire avec le cœur, et ne pas s’enfermer.

C’est aussi prendre en compte la question économique. Ce n’est pas toujours preuve d’inculture, ou de non implication citoyenne, que de s’éloigner des sujets politiques. Cela peut être par option. Ainsi, faire du hip-hop, c’est aussi connaître ses forces de frappes, et insister sur ce qu’on sait le mieux faire pour que cela rapporte du sou.

NUMBA SEVEN

Une spéciale pour les rappeurs !

Le LIVE est la meilleure façon d’être crédible, et de défendre sa légitimité artistique.

NUMBA EIGHT

Vivre du hip-hop, ne se résume pas au fait de devenir star. Il revient à chaque artiste du hip-hop, de déterminer sa niche (c’est-à-dire son marché artistique en fonction de son type de travail, de ses codes et des gens qui pourraient s’y intéresser), de se rapprocher d’elle et de l’entretenir sur le long terme.

NUMBA NINE

Le « ZEWE », est une culture forte en pleine construction au Bénin. Il y a non seulement un grand engouement autour, mais déjà un leader assez charismatique : GENERAL APACHE, qui bénéficie du soutien et du respect, de la part de partisans, comme de fans, très déterminés.

Il serait peut-être temps de rendre à la rue, ce qui appartient à la rue : c’est-à-dire, ses façons inattendues de s’exprimer, de se divertir, de se sentir en vie.  Il serait peut-être temps de prendre le revers des apparences, par rapport à cette pratique vue jusque-là, sous l’angle de la clandestinité ou de la voyoucratie.

Car le « ZEWE » pourrait devenir à l’avenir, une piste capable d’être pourvoyeur d’économie. Il serait intelligent de sortir cette pratique de la clandestinité, en allouant un lieu aménagé pour lesdits « spectacles » de ses pratiquants ; à la fois pour la sécurité routière mais aussi pour ouvrir les jeunes friands de tels risques, d’envisager ne plus en faire qu’un hobby mais entièrement quelque chose de plus professionnel, plus rentable, plus respecté. Quitte à aller au nom du Bénin, hors des frontières pour les compétitions à moto. Qui sait !?

NUMBA TEN

Il n’y qu’en faisant ensemble, qu’en conciliant les idées et les efforts, que la jeunesse béninoise, et africaine pourra faire évoluer les regards et activités autour du hip-hop. Les organisateurs du WAHH en sont la preuve.

Allez ! A présent, terminus ! Tout le monde arrête de lire et on partage maintenant, pour que d’autres sachent pourquoi ils devraient se rendre à la prochaine édition du WAHH ! Big up !


Djamile Mama Gao

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