E-Gouvernance : État de la présence du Gabon sur Internet

Cet article est le second d’une série de 5 consacrée à la présence des Etats africains sur le digital


La digitalisation des grandes institutions gouvernementales du Gabon est un processus qui est déjà amorcé. Mais avec une certaine lenteur et de l’inconstance comme avons aussi pu le constater précédemment dans le cas camerounais. Rien d’absolu car il y a bien évidemment une volonté manifeste de l’État gabonais à se rapprocher de sa population sur l’espace digital, aussi bien via les réseaux sociaux qu’à travers des sites internet dédiés. Gabon Digital reste une démonstration de l’implication des États africains sur le digital, où nombre de choses sont encore perfectibles.

Le Gabon est un pays très connu ; d’une part pour être le voisin du Cameroun 😄, et d’autre part pour avoir organiser la CAN 2017 que le Cameroun a a gracieusement gagné. On peut dire qu’il n’y a pas meilleur preuve de fraternité ☺.

Mais le Gabon c’est aussi un peuple dynamique, notamment sur les réseaux sociaux. On peut globalement constater la ruée des populations, qu’il s’agisse des jeunes comme des plus âgés, fait naître une sorte de devoir pour les administrations : celui de se convertir au digital afin de se rapprocher, elles et leurs actualités, des populations.

On a pu constater durant les précédentes élections présidentielles gabonaises que le Président Ali Bongo, candidat à sa succession, s’est fait hautement ressentir sur les réseaux sociaux, notamment facebook et twitter. Nous étions alors en août 2016.

Seulement après sa réélection, cette dynamique sur les réseaux sociaux ne s’est pas emparée des institutions de manière aussi perceptible.

Gabon digital : Présence sur les Réseaux sociaux

Les réseaux sociaux concernés ici sont Facebook et Twitter. Ce sont les seuls où l’État s’est déployé. Sur YouTube, Instagram, Snap, aucune présence n’a été constaté. Ce serait pourtant assez original de voir une grande institution sur Snap. Un jour peut-être…

 "un jour peut etre", source Google
Gabon digital : « un jour, peut-être »

Faible présence sur Twitter

La présidence de la république gabonaise jouit d’une large présence sur les réseaux sociaux, avec plus de 45 300 abonnés sur Twitter, pour un suivi de l’information permanent sur l’activité présidentielle et les grands projets du pays.

Les ministères ne viennent pas rassurer la présence institutionnelle gabonaise sur le digital. Sur l’ensemble des vingt-cinq ministères six seulement sont présents sur Twitter.

A préciser que le ministère chargé de la communication ne sert pas d’exemple aux autres institutions sur l’oiseau bleu. Son dernier tweet date du 15 février 2017, et ne disposait que de 397 abonnés au 13 novembre 2017. Au 28 janvier 2018, ce chiffre est de 429, 435 au 09 avril 2018, et aucun nouveau tweet.

Les ministères globalisent 6400 abonnés sur Twitter.

Une présence plus large sur Facebook

Facebook est un réseau social plus fort, plus attractif car draine plus de personnes. Les autre réseaux comme Twitter ou Flickr ne rentrent pas encore dans la culture digitale des populations africaines avec un intérêt comme celui que Facebook suscite. Ici la Présidence de la République gabonaise brille plus. Compte certifié, plus de 80 000 likes sur la page certes, mais pas de publications depuis le 11 février 2017.

Côté ministères, sur Facebook c’est un peu plus intéressant. Le ministère de l’économie numérique et de la communication est fort de  10 000 likes sur sa page, avec activité à jour.

Dix ministères sont présents. Ce sont :

  • Le ministère des mines ;
  • Le ministère de la communication ;
  •  Le ministère de l’intérieur ;
  • Le ministère de l’agriculture et de l’élevage ;
  • Le ministère de sports, du tourisme et des loisirs ;
  • Le ministère des affaires étrangères :
  • Le ministère de la promotion des investissements privés ;
  • Le ministère du budget et des comptes publics ;
  • Le ministère de l’habitat, de la ville et de l’urbanisme ;
  • Le ministère de la forêt, de la mer, et l’environnement.

Et le ratio d’engagement est plus fort sur les pages du ministère des sports, du tourisme et des loisirs et du ministère des mines.  Ces ministères drainent au total 45 000 likes.

 

Gabon digital : Etat des sites internet

Ici, la large partie des institutions est mise en valeur, partant de la présidence de la république. Le gouvernement dispose aussi d’un portail qui met à jour l’ensemble de l’activité des ministres.

Gabon et digital
Portail du gouvernement gabonais

Tous les ministères sont présents et disposent chacun de sa plateforme. Point intéressant, chaque site internet d’un ministère donne accès à tous les autres. Pas besoin de trop chercher, il suffit de pointer le curseur sur « Ministères ».

Accessible depuis le portail du gouvernement
Site internet du ministère du tourisme et des loisirs

Les bases de données ne sont pas très lumineuses. On a droit en gros à l’actualité de chacune de ses institutions. On peut en effet déplorer l’absence d’archives.
Comme on peut aussi le constater, les ambassades et les mairies sont mises en avant. Ainsi on peut avoir accès à leurs informations et à des dépêches sur leurs activités. Le tout sur un seul site internet, pas besoin de fouiller longtemps.

Terminons avec le Parlement gabonais. Première remarque : la dernière mise à jour de son site internet date du 15 juin 2016. Donc, on n’a droit à aucune actualité post-électorale. Pourtant le site est mieux aménagé que ceux des ministères, avec un accès aux divers travaux de l’institution législative où l’on trouve une belle palette de lois gabonaises.

Que retenir?

La certaine exemplarité de la présidence et du président gabonais quant à leur présence sur le digital semble ne pas avoir déteint sur l’ensemble des grandes structures du gouvernement ainsi qu’au niveau du parlement. Les réseaux sociaux sont négligés et les sites internet manquent de contenu. Il y a du boulot à faire, mais le chemin parcouru jusque là n’est pas négligeable.


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Ludovic Baluro

Ludovic traine entre les sciences sociales, les séries, les mangas, et un peu de sport.
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