Musique Camerounaise: Mboa Urban Nous Dévoile la Mboa Tape 4

C’est avec un grand honneur et énormément d’enthousiasme que j’écris ces mots, car très ému par ce que la musique urbaine camerounaise est capable de nous offrir, et plus précisément nous a offert au cours de l’année 2017. Très ému aussi par une initiative qui a su emplir le cœur des consommateurs de cette musique (notamment le mien), au Cameroun et ailleurs ; un projet qui fait son chemin depuis 2013 et qui chaque année se donne malgré tout pour défi de donner une visibilité aux artistes de ce domaine, et surtout à leurs œuvres. Pour ceux qui ne l’ont pas encore deviné, et pour ceux qui veulent savoir de quoi je parle, il s’agit de la Mboa Tape.

C’est quoi la Mboa Tape ?

La Mboa Tape est une compilation de chansons issues de la musique urbaine camerounaises dont les auteurs sont des artistes qui pour la majorité sont peu connus du public. C’est une compilation qui pour l’essentiel promeut la découverte des artistes de la musique urbaine camerounaise, et surtout la découverte de ce qu’ils sont capables de nous offrir comme pépites. Car oui, il y a énormément de pépites, beaucoup de potentiel : c’est fabuleux !

Cette initiative a pour porteur Esther Diane Naah, plus connue sous le nom d’Esta. Vu qu’il s’agit d’une fille il conviendrait de parler de porteuse. La Mboa Tape est un produit, sinon le produit phare de la plateforme Mboa Urban Music dont elle est la fondatrice. La mission de cette structure est bien de promouvoir et de diffuser la musique camerounaise de qualité. Il s’agit essentiellement de musique urbaine ; on valse entre hip-hop, afropop, RnB (oui, ça se fait encore).

Du contenu local, du contenu de qualité

Le secteur de la musique camerounaise regorge de potentiel; certains plus percutants que d’autres ; et d’autres encore plus sublimes. Cette présence de talents ne fait l’ombre d’aucun doute, mais seulement l’un des problèmes avec ses prodiges est qu’ils manquent de visibilité. Mboa Urban Music s’acharne depuis 2013 à pallier à cette lacune. Ce n’est sans pas la seule plateforme à y faire, mais le point remarquable est que Mboa Urban Music promeut, mais aussi dans une certaine mesure accompagne les jeunes talents. C’est cela que je trouve formidable. Et la Mboa Tape n’est pas qu’une compilation, car certaines des chansons qui y figurent sont retravaillées pour (peut-être) une meilleure appréciation du contenu. Respect pour le travail en studio. De belles mélodies, de belles paroles, de la bonne musique, qui souvent cogne en toute pureté : voilà ce que nous partage Mboa Urban Music avec la Mboa Tape.

Nous avons pu ainsi découvrir sur les différentes éditions de la Tape des artistes comme Teddy Doherty et Inna Money de LSM Gang, Magasco, Palesto aka Mr Sto, Raqueem Anubis, ou encore Zayox. Certains sont dans le milieu depuis assez longtemps, à l’instar de Palesto et Raqueem mais on s’interroge toujours sur ce qui bloque leur ascension. Un accompagnement, peut-être. Si pour les plus érudits de la musique camerounaise ils étaient déjà connus, ce n’est pas le cas de tout le monde. Des projets comme la Mboa Tape on en a besoin dans ce pays, ça change un peu des morceaux épars sortis ici et là, sans véritable contenu, ni véritable portée.

La Mboa Tape 4, le nouveau bébé

Sur Twitter l’attente s’est faite longue. Cela fait des mois que le quatrième volume de la Mboa Tape met les twittos camerounais dans un gros effort de patience. Et ils l’ont fait savoir via le hashtag #RendsLaTape. Ce quatrième volet a pris du temps en gestation, et c’est normal : il s’agit de 25 chansons, et il s’agit surtout de combler au mieux le public. Comme pour nous faire attendre dans la bonne humeur, Esta nous a concocté au mois d’octobre des Playlist en réponse ce HT tout en valsant dessus. Les Playlist ont été montées sous le nom « Rends La Tape ».

Ces mix musicaux nous ont donné un aperçu de ce qui nous attend, et surtout une vision non caricaturale de notre belle musique, en attendant le 18 décembre 2017, jour de sortie de la Mboa Tape 4. Vous pouvez faire un tour par ici pour une dégustation. ^^

A peine sorti la Mboa Tape 4 a réveillé les émotions ; les plus bonnes, heureusement.

A peine une heure que la Tape ait été balancée au public qu’on lisait déjà des avis enflammés, et aucun chat ne viendra dire le contraire.

On aurait pu dire ce jour-là que tout a été dit dans la précipitation, l’émotion, dans le plaisir de consommer enfin un projet musical digne de ce nom regroupe une jolie palette d’artistes. Pour ce quatrième volet on a eu droit à une sorte d’innovation car la Tape contient cette fois 25 chansons, sur deux face A et B. Je ne m’hasarderais pas à dire ce qui différencie les deux. Ou si ! La Face B a plus de tempo que la A, qui elle contient des chansons moins toniques. Voilà mon avis, que je considère aussi petit qu’un atome.

Le casting pour cette Tape est grandiose ; relativement aux artistes mais surtout aux chansons. Je ne le dirais jamais assez : le Cameroun a du potentiel qui n’attend qu’à être mis en valeur. On y retrouve des personnages déjà connus du milieu et du public tels que Jovi, Killamel, Locko, Salatiel, et le grand Pit Baccardi. Pour les découvertes nous avons Sir Malik, Sojip, et One. Surtout Sojip car son couplet dans la chanson a marqué plus d’un esprit.

« Le boulanger yamo mes sons, il me gui les pains njoh. La musique c’est mon gagne-pain. »

Traduction : « Le boulanger aime mes chansons, il me donne du pain gratuitement : la musique c’est mon gagne-pain. »

Evoquer, une fois de plus Raqueem Anubis (dans MKZI) mais aussi PaP (dans Tu lap hein) qui n’ont pas du tout été des moindres sur cette Tape.

On pourrait toutefois regretter l’absence de la gente féminine dans ce projet. Comme nous n’avons que Jeannie ; que personnellement j’ai découverte grâce à la Tape, Mimie, et Nabila (la nôtre)

Finalement…

La Tape ne peut malheureusement intégrer tout le monde, encore moins toutes les chansons. Il demeure toute de même que le résultat escompté est ma foi satisfaisant, et même encourageant. Mboa Urban Music nous prouve que les consommateurs de musique sont disposés à consommer des projets ; et par là il conviendrait aux artistes et aux plateformes musicales d’amorcer des travaux de ce genre. Il y a trop d’artistes au Cameroun, trop de chansons, trop de styles, et qui de surcroit peuvent être d’une qualité surprenante. Tout cela ne peut pas figurer dans la Mboa Tape. Nous voici face à un boulevard, le champ est libre.

 

Sur ce, je vous laisse découvrir la Mboa Tape 4 ici. Et pour ceux qui ont manqué les trois précédentes Tapes, c’est par ici. ^^

Ludovic Baluro

 

 

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Aldrich Achani

Aldrich Achani est fondateur de la marque West’AF. Son rôle dans Irawo est avoir un impact positif dans la vie de tous ceux qui le lisent.
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